Tunis le 21 août 2007
(Mémorandum au Secrétaire Général de l’U.G.T.T.)
(traduction de l’arabe)
1- La représentation syndicale dans le secteur de l’Enseignement Supérieur :
Malgré la tenue, du congrès unificateur des différents corps et catégories d’enseignants du supérieur, sous l’égide de l’U.G.T.T. conformément aux décisions de ses structures, congrès qui a donné naissance à la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (FGESRS) comme seule et unique représentant des universitaires et des chercheurs adhérents à l’U.G.T.T., le ministre de l’Enseignement Supérieur persiste à reconnaître et à recevoir des structures qui sont devenues caduques après la réalisation dudit congrès et des personnes qui n’ont plus de représentativité.
2- Les décisions unilatérales et la politique du fait accompli :
Le ministre de l’Enseignement Supérieur n’a pas engagé de véritables négociations avec la FGESRS et a opté pour la politique du fait accompli. Les dernières mesures qu’il vient d’annoncer concernant la mise en place d’incitations financières au profit des enseignants qui encadrent des travaux de thèses et de master en sont la preuve, puisqu’il s’agit de décisions unilatérales malgré l’engagement pris par les représentants du ministère à entreprendre des pourparlers avec notre syndicat quant aux montants de ces incitations et aux mécanismes de leur mise en application. Les décrets relatifs à ces incitations viennent d’être pris avec plein de lacunes et de contradictions du fait de cette attitude du ministère, non respectueuse du partenaire syndical.
D’autre par le ministère a toujours refusé de signer un procès verbal, tellement les négociations étaient non concluantes et y manquait beaucoup de sérieux.
3- Les mesures disciplinaires à l’encontre des syndicalistes actifs :
Ces mesures ont visé et visent les collègues qui sont dans des situations précaires sur le plan administratif tels que les non titulaires parmi les assistants de l’enseignement supérieur et les assistants technologues.
Les assistants de l’enseignement supérieur
Le ministre de l’Enseignement Supérieur vient de retarder la titularisation de certains assistants pour qu’ils ne postulent pas au grade de Maître-assistant. Leurs arrêtés de titularisation n’ont été signés par le ministre qu’après la réunion des différentes commissions de recrutement. Seuls ont subi ce préjudice, les collègues syndicalistes ayant participé à la grève du 5 avril 2007. Leurs dossiers ne sont pas moins fournis que ceux des autres collègues candidats et ont été proposés pour titularisation par les commissions paritaires. La direction des examens au sein du ministère vient de leur signifier qu’ils n’ont pas été retenus pour le passage de grade suite aux délibérations des commissions concernés alors que leurs dossiers n’ont pas été examinés du tout du fait que M. le ministre n’a pas remis à ces commissions les arrêtés de titularisation, un document indispensable.
Les assistants technologues
Le Direction Générale des Etudes Technologiques vient de résilier avant terme les contrats d’un certain nombre de technologues et a, de ce fait, suspendu le payement de leurs salaires depuis juillet dernier. Après examen des cas concernés nous avons constaté qu’il s’agit de collègues syndicalistes et de responsables syndicaux, ayant pris part à la grève de 5 avril 2007.
4- Les revendications spécifiques :
Depuis 1999, le secteur de l’enseignement supérieur n’a pas fait l’objet d’augmentations spécifiques des salaires, et ce malgré les tâches supplémentaires effectuées par les universitaires suite à l’évolution des programmes d’enseignement et aux réformes successives, notamment celle du nouveau système dit LMD.
Notre syndicat a soumis au ministère un mémorandum détaillé des revendications à caractère urgent des universitaires. Mais le ministère n’y a pas donné suite exception faite d’un seul point très secondaire et dont les retombées ne concernent qu’une minorité des universitaires qui encadrent les travaux de recherche.
La FGESRS revendique, une fois de plus, son droit à des négociations sérieuses avec le ministère de tutelle sur les différentes points et dossiers présentés et notamment l’indemnité pédagogiques et la prime de rendement.
5- La retraite :
Un nombre croissant d’universitaires se plaignent de l’obstination du ministère à les priver de la prolongation de l’âge de mise à la retraite et ce, pour des raisons autres que scientifiques et pédagogiques puisqu’ils ont à leur charge l’encadrement d’un certain nombre de doctorants et de candidats au master.
6- La détérioration des relations professionnelles :
L’université tunisienne a connu ces derniers temps une détérioration accrue et sans précédent des relations entre un certain nombre de responsables des établissements universitaires et le cadre enseignant. Les choses sont allées jusqu’à l’agression physique des collègues par ces responsables désignés. Les questionnaires adressés aux grévistes ne se comptent plus, l’interdiction des réunions syndicales et l’arrachage des affiches de la FGESRS sont devenues pratiques courantes. Les syndicalistes se trouvent de plus en plus interdits d’accomplir des stages et des missions scientifiques à l’étranger, de faire partie des comités de recrutement, de jouir de la prolongation de l’âge de mise à la retraite, etc…
Le Secrétaire Général de la FGESRS
Sami AOUADI
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